En 1942 le sous marin Casabianca, commandant l'Herminier, s'est echappe du sabordage de Toulon

Jusqu'en 1944 une escadre française etait prisonnière des Anglais  à Alexandrie, une autre restait neutre à  Dakar

François Drogou et le Narval : SOUS MARIN des « FORCES NAVALES FRANCAISES LIBRES » (FNFL) Juin 1940

« En temps de guerre, celui qui ne se rend pas

est mon homme, quel qu'il soit. Il ne se rend point.

C'est tout ce qu'on lui demande. Et celui qui se rend

est mon ennemi, quel qu'il soit. Je désobéirai si la

Justice et la liberté l'exigent »

** Charles Péguy**

** cité par F. Drogou**

Le Capitaine de Corvette François Drogou est né le 30 décembre 1904 dans la commune de Bohars (Finistère). Il sort de l'Ecole Navale en 1925 et se spécialise dans l'arme sous-marine servant successivement sur l'Argo, l'Oréade et le Monge. Il reçoit son premier commandement sur l'Orion en 1937. En février 1940, on lui confie le commandement du Narval détaché à Casablanca ou il effectua une mission au large des îles de Canaries avant de rejoindre en juin la base de Sousse en Tunisie où se trouvaient les autres bâtiments de sa division.

A l'annonce de l'Armistice, il écrit le 18 juin à sa femme : Je pars, c’est tout ce que je  sais, ce que je sais aussi, c’est que ni toi, ni nos enfants n’auront à rougir de leur père. A partir de cette heure, j'éloigne tout autre considération. Je me bats et jusqu'au bout. Je ferai ce que j'estime être mon devoir. Je fais la guerre »,  Drogou espérait encore qu'une résistance s'organiserait en Afrique du Nord. I Le 24 juin à 22 heures, la prise de position des chefs responsables de l'Afrique du Nord, marque la fin de cet espoir, il décide, d'appareiller avec tout l'équipage dans la nuit du 24 au 25 juin de Sousse vers  un port anglais, Malte  afin que son bâtiment ne puisse servir à l'ennemi pour continuer le combat aux côtés des alliés, contrevenant ainsi gravement aux directives diffusées par le Résident Général en Tunisie

Son Etat Major partageait entièrement cette position. « Je sentis, écrit-il dans son journal, que tous mes officiers étaient en pleine confiance et tous d'accord avec moi – tous décidés à servir jusqu'au bout ».  Il tente d'entraîner en mer les autres bâtiments de guerre par deux messages dont l'un est resté célèbre « Trahison sur toute la ligne, je rallie un port anglais »

Le 26 juin au matin, le Narval est en vue de Malte. Après s'être fait reconnaître par le Destroyer Anglais « Diamond », il s'amarre le même jour dans le port de la Valette. L'après-midi Drogou réunit l'équipage et lui expose la situation, les raisons pour lesquelles il se trouve à Malte et son intention ainsi que celle des officiers de continuer la guerre sous les ordres du Général de Gaulle. Il ajoute que le libre choix est laissé à chacun et que le rapatriement serait assuré pour ceux qui le désiraient.

Ceux qui restèrent avaient donc décidé individuellement  et en hommes libres de poursuivre la lutte et c'est avec un équipage de volontaires, conscients des risques qu'ils prenaient que le Narval, après avoir reçu un complément d'effectif, effectue plusieurs missions en Méditerranée, entre Malte et les côtes tunisiennes.